Mercredi 25 Octobre 2006
Automne
Par Cardem Vertigo, Mercredi 25 Octobre 2006 à 19:22 GMT+2 dans Automne
Ceci est un extrait d'une oeuvre de jeunesse, comme il se doit qu'elle soit lorsque l'on est encore puceau.
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Suivant la piste en avant, et sur mes gardes, je continue. Elle se laisse dévaler tranquillement jusqu'à un petit creux de clairière éclaircie où se tient debout une femme que je reconnais aussitôt. Automne, sa robe blanche, ses longs cheveux blonds et ses lèvres fragiles ; sa douce figure ronde est le fruit de mon amour ; ô mon aimée, pour toi mon cœur a tant saigné, pourquoi... pourquoi faut-il que je te revoie ? Tu sembles heureuse, à quelques pas de moi ; il y a une table verte où se dresse un thé, un petit coffre en bois posé sur l’herbe fraîche, une colonne de marbre rose ; alors tu cueilles cette vierge colchydée que tes mains, délicatement, changent en orchique flamboyante.
Ah ce bonheur ! Je te l’ai tant voulu, prêt à verser mon sang pour cette sublime éternité. Puis il a fallu t’oublier, s’arracher le cœur et t’oublier. Mes anciennes blessures giclent de te revoir, cette émotion vitale explose et ne veut plus s’arrêter de couler car tu étais morte, et te voilà encore ! Je ne peux supporter de te prendre au risque de te faner et tu me tues de te voir, j’ai trop peur de te toucher, au moins sais-tu que je suis près de toi à me répandre en des larmes de sang comme un petit enfant ? Mon ombre s’empourpre lamentablement, et pourtant je ne puis me détacher de te contempler, belle, si belle dans mes pensées...
D’accord, je reste et je succombe ; déjà ma vue devient sombre...


