L'atelier des valses de rêve

Ekdezel 1.14



Quant aux cours d’eaux, je ne saurais dire ce qui m’y effrayait le plus : les crocodiles mille-pattes ou les poisson-ventouses (une fois collés sur la peau fraîche et délicate - ou pleine d’écailles - un doux paralysant leur permettait de la susurrer convenablement). Cette faune n’étant bien entendu que celle qu’il m’eut été donné d’observer sans avoir eu à y rester.

Ezel avait sa théorie là-dessus et moi j’avais la mienne. D’après lui, donc, les espèces agressives boudaient ma viande parce qu’impropre à la consommation. Or il y a avait, selon moi, une explication très simple et rationnelle : le talent. Au cours de mes déplacements, je mobilisais à haute dose acuité, perception et paranoïa. Le moindre de mes gestes alliait à une souplesse innée une prudence excessive, une patience inébranlable et une absolue discrétion. Un brin de chance aussi. Les bestioles me laissaient tranquille parce que pour elles je n’existais pas.

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