Ekdezel 1.14
Quant aux cours d’eaux, je ne saurais dire ce qui m’y effrayait le plus : les crocodiles mille-pattes ou les poisson-ventouses (une fois collés sur la peau fraîche et délicate - ou pleine d’écailles - un doux paralysant leur permettait de la susurrer convenablement). Cette faune n’étant bien entendu que celle qu’il m’eut été donné d’observer sans avoir eu à y rester.
Ezel avait sa théorie là-dessus et moi j’avais la mienne. D’après lui, donc, les espèces agressives boudaient ma viande parce qu’impropre à la consommation. Or il y a avait, selon moi, une explication très simple et rationnelle : le talent. Au cours de mes déplacements, je mobilisais à haute dose acuité, perception et paranoïa. Le moindre de mes gestes alliait à une souplesse innée une prudence excessive, une patience inébranlable et une absolue discrétion. Un brin de chance aussi. Les bestioles me laissaient tranquille parce que pour elles je n’existais pas.
Par Cardem Vertigo, Vendredi 15 Decembre 2006 à 19:17 GMT+2 dans Ekdezel 1.14 (article, RSS)


