Boley Mushroom (10)
Les loups, en cœur, hurlèrent à la nuit tout en même temps qu’ils jappèrent de manière très frénétique. Boley fut bouleversé par la puissance de cet orchestre. Toute cette énergie mobilisée pour lui ! Il ne méritait pas un tel honneur. Comment leur témoigner sa gratitude ? Il ne voyait pas trop. Qu’est-ce qui intéressaient les loups, en dehors de la chair fraîche ? Quand il se tourna vers Bénédict, qui se pourléchait les babines, focalisé sur lui, la cérémonie prit un tout autre sens. Boley se sentit affreusement vulnérable. La chair fraîche, réalisa-t-il, au final ce serait lui…
Au petit matin, après une somptueuse nuit d’angoisse, et faute de résultat tangible, les loups s’éparpillèrent. Bénédict était mort de fatigue. Sans s’assurer par lui-même du caractère métaphorique ou non de cette assertion, Boley plia bagage, c'est-à-dire rien, et déguerpit sans coup férir. Déboussolé, il retrouva son chemin en direction de nulle part. C’est alors qu’il lia connaissance avec le serpent.
Par Cardem Vertigo, Mercredi 6 Decembre 2006 à 18:18 GMT+2 dans Boley Mushroom (10) (article, RSS)


