Boley Mushroom (3)
Pure vantardise : ce miséreux était trop pauvre pour s’offrir un chaudron, une marmite ou ne serait-ce qu’une casserole. Depuis que les sorcières avaient jeté leur dévolu sur ces ustensiles de cuisine, ils s’arrachaient à prix d’or.
« Je vais te manger tout cru, » se ravisa-t-il. D’un geste brusque il alla pour éperonner notre bolet, qui l’assomma par réflexe.
« Ce n’est pas mon jour de chance, » grogna le lutin d’une voix nasillarde.
« Pardon monsieur, je ne l’ai pas fait exprès ! » se lamenta aussitôt l’enfant.
« Tais-toi. Je ne supporte pas ces niaiseries. Ne t’excuse pas : assume. »
Le petit garçon s’excusa alors de s’excuser et tout rentra dans l’ordre. Il demanda au lutin s’il connaissait un moyen de lui faire retrouver son aspect.
« Pff… Qu’est-ce tu crois ? On ne me nomme pas pour rien Razgîndit le Docte, les métamorphoses n’ont pas de secret pour moi ! »
Ayant su apprécier la vigueur du garçon, le lutin lui offrit de le rejoindre dans son périple. En échange, Razgîndit s’engagea à dissiper le mauvais sort. Croyant que sa malédiction allait prendre fin, l’enfant ne se sentit plus de joie. Il accepta sans hésiter. Le rituel prit dix minutes.
« Je n’y arrive pas, » abandonna Razgîndit. « Allons ailleurs, il faut que je mange. »
Et ensemble ils partirent.
Par Cardem Vertigo, Mercredi 29 Novembre 2006 à 19:43 GMT+2 dans Boley Mushroom (3) (article, RSS)


